Même si je reste et je resterai collaborateur junior encore longtemps, force est de constater que les choses ont quelque peu évolué depuis mes débuts.
L’expérience aidant, je ressens moins le besoin de poser des questions aux avocats plus expérimentés que moi au sein du cabinet.
Il arrive même que l’on m’en pose en s’attendant à ce que je trouve la réponse grâce à mon intervention sur certains dossiers techniques.
Je suis beaucoup moins hésitant quand j’ai des clients au téléphone et je montre parfois une certaine assurance face à quelques-uns d’entre eux.
Je prends quelques initiatives que je n’aurais pas prises auparavant.
Je plaide plus donc j’appréhende de moins en moins LE moment de la plaidoirie.
Je plaide plus donc je m’habitue aux effets de manche et aux remarques parfois acerbes de mes contradicteurs.
Je me fais progressivement à l’idée qu’un avocat ne peut pas tout savoir, mais qu’à mesure que le temps passe, il en sait toujours plus.
dimanche 14 juin 2009
vendredi 5 juin 2009
Un client pas comme les autres
Plusieurs clients personnels se sont adressés à moi, ces dernières semaines, tant pour du conseil que pour du contentieux.
Parce qu’il s’agit, comme leur nom l’indique, de clients personnels, ma façon de communiquer avec eux et de gérer leurs dossiers s’est avérée quelque peu différente de la manière dont je traite d’ordinaire les clients du cabinet.
Cette différence de traitement s’explique assez facilement. Mon client m’a comme unique intermédiaire là où le client du cabinet ne m’interroge que parce que l’un des associés du cabinet lui a précisé qu’en son absence, il avait la possibilité de me poser des questions ayant trait au suivi de son dossier.
Le collaborateur junior avec 8 mois d’expérience a, en effet, rarement la chance d'être l'unique interlocuteur d'un client du cabinet.
Mon client s’en remet à mon avis parce qu’il l’estime comme étant sûr. Cela implique donc que je sois particulièrement vigilant par rapport aux conseils que je lui donne. Ne serait-ce que parce que j’engage ma responsabilité professionnelle à chaque fois que je réponds à l’une de ses questions et que personne n’ira ensuite vérifier si ce que je lui ai indiqué est exact.
Mon client a également droit à un traitement particulier en termes de facturation. Le tarif horaire que pratique le cabinet ne lui est pas applicable. Ce client est bien souvent envoyé par un ami qui s’attend à ce que je lui fasse un prix en rapport avec cette amitié. Par ailleurs, ses capacités financières sont souvent inférieures à celles des sociétés et institutionnels qui s’adressent traditionnellement à mon cabinet. Il a donc droit à un forfait, là où mon cabinet n’applique le tarif forfaitaire qu’à titre exceptionnel et seulement aux plus généreux de ses clients.
Au final, le client personnel est peu rémunérateur, me fait travailler plus, mais me rapporte, outre quelques euros de plus à la fin du mois, la satisfaction, toute particulière, d’avoir l’impression d'être à la tête d'un mini-cabinet que je gère à ma façon.
Parce qu’il s’agit, comme leur nom l’indique, de clients personnels, ma façon de communiquer avec eux et de gérer leurs dossiers s’est avérée quelque peu différente de la manière dont je traite d’ordinaire les clients du cabinet.
Cette différence de traitement s’explique assez facilement. Mon client m’a comme unique intermédiaire là où le client du cabinet ne m’interroge que parce que l’un des associés du cabinet lui a précisé qu’en son absence, il avait la possibilité de me poser des questions ayant trait au suivi de son dossier.
Le collaborateur junior avec 8 mois d’expérience a, en effet, rarement la chance d'être l'unique interlocuteur d'un client du cabinet.
Mon client s’en remet à mon avis parce qu’il l’estime comme étant sûr. Cela implique donc que je sois particulièrement vigilant par rapport aux conseils que je lui donne. Ne serait-ce que parce que j’engage ma responsabilité professionnelle à chaque fois que je réponds à l’une de ses questions et que personne n’ira ensuite vérifier si ce que je lui ai indiqué est exact.
Mon client a également droit à un traitement particulier en termes de facturation. Le tarif horaire que pratique le cabinet ne lui est pas applicable. Ce client est bien souvent envoyé par un ami qui s’attend à ce que je lui fasse un prix en rapport avec cette amitié. Par ailleurs, ses capacités financières sont souvent inférieures à celles des sociétés et institutionnels qui s’adressent traditionnellement à mon cabinet. Il a donc droit à un forfait, là où mon cabinet n’applique le tarif forfaitaire qu’à titre exceptionnel et seulement aux plus généreux de ses clients.
Au final, le client personnel est peu rémunérateur, me fait travailler plus, mais me rapporte, outre quelques euros de plus à la fin du mois, la satisfaction, toute particulière, d’avoir l’impression d'être à la tête d'un mini-cabinet que je gère à ma façon.
lundi 1 juin 2009
Défendre à tout prix
Plaider devant des juges pour défendre un client n’a rien d’anodin. Cela demande un minimum de préparation puisque la conviction et l’application que vous mettrez dans votre plaidoirie seront déterminantes dans l’issue du procès.
Parce qu’il est irréaliste d’envisager exercer cette profession en ayant uniquement à défendre ceux qui ont raison face à ceux qui ont tort ou des victimes face à des "présumés coupables", il m’est arrivé à plusieurs reprises de me retrouver face à des juges en sachant que ce que j’allais soutenir ne pouvait les convaincre, tant les faits et le droit étaient défavorables à mes clients.
Il n’en reste pas moins que toute personne doit pouvoir se défendre en justice et pour cela être assisté par un avocat qui veillera notamment à que ces droits soient bien respectés.
Un avocat peut librement décider, pour des raisons qui lui sont propres, de ne pas défendre une personne qui s’adresse à lui, mais il a, dès l’instant où il accepte de la défendre devant les tribunaux, l’obligation de le faire avec sérieux, rigueur et détermination et ce, quoi qu’il en coûte.
Cet état de fait n’empêche cependant pas qu’il y a des jours où plaider est plus difficile que d’autres.
Parce qu’il est irréaliste d’envisager exercer cette profession en ayant uniquement à défendre ceux qui ont raison face à ceux qui ont tort ou des victimes face à des "présumés coupables", il m’est arrivé à plusieurs reprises de me retrouver face à des juges en sachant que ce que j’allais soutenir ne pouvait les convaincre, tant les faits et le droit étaient défavorables à mes clients.
Il n’en reste pas moins que toute personne doit pouvoir se défendre en justice et pour cela être assisté par un avocat qui veillera notamment à que ces droits soient bien respectés.
Un avocat peut librement décider, pour des raisons qui lui sont propres, de ne pas défendre une personne qui s’adresse à lui, mais il a, dès l’instant où il accepte de la défendre devant les tribunaux, l’obligation de le faire avec sérieux, rigueur et détermination et ce, quoi qu’il en coûte.
Cet état de fait n’empêche cependant pas qu’il y a des jours où plaider est plus difficile que d’autres.
mercredi 27 mai 2009
Le privilège de l'âge
Plus le temps passe et plus il m'apparaît comme évident que l'un des éléments clef de ce métier tient dans le fait de savoir ménager les susceptibilités des uns et des autres.
Dans cette profession où l'ego est répandu il est, en effet, vivement déconseillé de dire ce que l'on pense au prétexte que cela correspondrait à la réalité.
Le cabinet d'avocats étant une structure dans laquelle la hiérarchie est assez marquée, il faut sans cesse garder à l'esprit qu'une idée, une suggestion ou une remarque, aussi légitime soit-elle, doit être dite avec tact aux confrères plus expérimentés.
L'associé peut se permettre d'être sincère, direct et froid avec ses collaborateurs là où le collaborateur (junior qui plus est) n'a droit à aucune saute d'humeur ni aucune remarque qui pourrait être interprétée d'une façon ou d'une autre comme désobligeante à l'égard de quelqu'un de plus expérimenté que lui.
Le collaborateur junior doit filer droit en attendant le jour où il pourra, à son tour, dire ce qu'il pense de la manière dont il jugera utile de le dire...
Dans cette profession où l'ego est répandu il est, en effet, vivement déconseillé de dire ce que l'on pense au prétexte que cela correspondrait à la réalité.
Le cabinet d'avocats étant une structure dans laquelle la hiérarchie est assez marquée, il faut sans cesse garder à l'esprit qu'une idée, une suggestion ou une remarque, aussi légitime soit-elle, doit être dite avec tact aux confrères plus expérimentés.
L'associé peut se permettre d'être sincère, direct et froid avec ses collaborateurs là où le collaborateur (junior qui plus est) n'a droit à aucune saute d'humeur ni aucune remarque qui pourrait être interprétée d'une façon ou d'une autre comme désobligeante à l'égard de quelqu'un de plus expérimenté que lui.
Le collaborateur junior doit filer droit en attendant le jour où il pourra, à son tour, dire ce qu'il pense de la manière dont il jugera utile de le dire...
jeudi 14 mai 2009
Tant de cerveaux disponibles
Puisqu'elle est dans l'air du temps, je ne vois pas trop comment éviter de parler (une fois de plus) de ce sujet éminemment d'actualité qu'est la crise.
C'est donc la crise qui pousse de nombreux cabinets à ne plus recruter voire à remercier certains de leurs collaborateurs.
C'est la crise qui pousse les clients à reporter le paiement des honoraires d’avocats sine die voire à refuser de les régler.
C'est la crise qui oblige (permet ?) les associés à se séparer de leurs collaborateurs sans autre explication qu'un lapidaire : "Tu comprends, c'est la crise".
C'est la crise qui leur permet de demander à leurs collaborateurs d'accepter une réduction de 15 à 30% de leur rétrocession d'honoraires sans que ces derniers s'en offusquent. Conscients qu'ils sont qu'il vaut mieux travailler autant pour gagner moins, que ne pas travailler et donc ne rien gagner.
C'est la crise qui fait que le directeur de l'EFB nous annonçait récemment que (seuls) 600 élèves de notre promotion - sur la bagatelle de 1169 - avaient décroché une collaboration, alors même que dans 4 mois, une nouvelle promo de 1400 élèves obtiendra son CAPA et débarquera, à son tour, sur ce marché déjà saturé.
C'est la crise qui fait que des confrères acceptent des collaborations à mi-temps (faute de mieux) alors que d'autres se sont d'ores et déjà recentrés, pour les mêmes raisons, vers le métier de juriste d'entreprise.
C'est la crise qui fait que sur le marché du collaborateur, l'offre n'a probablement jamais été à ce point supérieure à la demande.
C'est elle qui fait que le temps de cerveau disponible du collaborateur est si bon marché et que tant de cerveaux sont disponibles…
C'est donc la crise qui pousse de nombreux cabinets à ne plus recruter voire à remercier certains de leurs collaborateurs.
C'est la crise qui pousse les clients à reporter le paiement des honoraires d’avocats sine die voire à refuser de les régler.
C'est la crise qui oblige (permet ?) les associés à se séparer de leurs collaborateurs sans autre explication qu'un lapidaire : "Tu comprends, c'est la crise".
C'est la crise qui leur permet de demander à leurs collaborateurs d'accepter une réduction de 15 à 30% de leur rétrocession d'honoraires sans que ces derniers s'en offusquent. Conscients qu'ils sont qu'il vaut mieux travailler autant pour gagner moins, que ne pas travailler et donc ne rien gagner.
C'est la crise qui fait que le directeur de l'EFB nous annonçait récemment que (seuls) 600 élèves de notre promotion - sur la bagatelle de 1169 - avaient décroché une collaboration, alors même que dans 4 mois, une nouvelle promo de 1400 élèves obtiendra son CAPA et débarquera, à son tour, sur ce marché déjà saturé.
C'est la crise qui fait que des confrères acceptent des collaborations à mi-temps (faute de mieux) alors que d'autres se sont d'ores et déjà recentrés, pour les mêmes raisons, vers le métier de juriste d'entreprise.
C'est la crise qui fait que sur le marché du collaborateur, l'offre n'a probablement jamais été à ce point supérieure à la demande.
C'est elle qui fait que le temps de cerveau disponible du collaborateur est si bon marché et que tant de cerveaux sont disponibles…
lundi 11 mai 2009
Poker Face
Le métier d’avocat ne consiste pas seulement à défendre les intérêts d’un client en attaquant ceux qui lui font du tort ou, à l’inverse, à le défendre dans une action intentée par quelqu’un qui s’estime victime de ses agissements.
Il consiste aussi parfois à trouver un terrain d’entente afin d'éviter qu'une action soit engagée.
La transaction est un art assez subtil. La situation est toujours plus confortable quand on est celui qui a, sur le papier, toutes les cartes en main.
Reste que la transaction est une équation à plusieurs inconnues. Le côté aléatoire inhérent au contentieux devient, en effet, un argument de poids quand vient l’heure de négocier avec l’avocat de la partie adverse.
La crise aidant, l’avocat du demandeur peut être tenté d’obtenir, immédiatement, pour le compte de son client une somme significative plutôt que d’attendre, plusieurs mois, pour toucher devant les tribunaux une somme potentiellement plus conséquente.
L'intérêt d'une transaction pour celui qui versera la somme tiendra dans la différence entre la somme à laquelle il aurait pu être condamné et celle qu'il aura effectivement à verser dans le cadre du protocole transactionnel signé par les parties.
J’ai eu l’occasion de participer à quelques « négos » assez intéressantes depuis le début de ma collaboration.
Certaines d’entre elles m’ont convaincu du fait que la personnalité des avocats qui négocient a une grande importance est que comme en poker, il faut parfois amener son adversaire à croire que nos cartes sont meilleures que les siennes, pour remporter la mise.
Il consiste aussi parfois à trouver un terrain d’entente afin d'éviter qu'une action soit engagée.
La transaction est un art assez subtil. La situation est toujours plus confortable quand on est celui qui a, sur le papier, toutes les cartes en main.
Reste que la transaction est une équation à plusieurs inconnues. Le côté aléatoire inhérent au contentieux devient, en effet, un argument de poids quand vient l’heure de négocier avec l’avocat de la partie adverse.
La crise aidant, l’avocat du demandeur peut être tenté d’obtenir, immédiatement, pour le compte de son client une somme significative plutôt que d’attendre, plusieurs mois, pour toucher devant les tribunaux une somme potentiellement plus conséquente.
L'intérêt d'une transaction pour celui qui versera la somme tiendra dans la différence entre la somme à laquelle il aurait pu être condamné et celle qu'il aura effectivement à verser dans le cadre du protocole transactionnel signé par les parties.
J’ai eu l’occasion de participer à quelques « négos » assez intéressantes depuis le début de ma collaboration.
Certaines d’entre elles m’ont convaincu du fait que la personnalité des avocats qui négocient a une grande importance est que comme en poker, il faut parfois amener son adversaire à croire que nos cartes sont meilleures que les siennes, pour remporter la mise.
lundi 4 mai 2009
Indispensable procédure
J'ai déjà parlé à de nombreuses reprises de l'importance de la procédure dans ce métier.
C'est notamment une connaissance pointue de celle-ci qui permet d'entrevoir une issue dans un dossier perdu d'avance et, à l'inverse, de tout perdre dans une affaire où la victoire nous tendait pourtant les bras.
Reste que la maîtrise des subtilités de la procédure est très souvent le fruit d'une longue expérience du contentieux.
L'un de mes profs à l'EFB n'arrêtait pas de dire que la procédure était très mal maîtrisée par les avocats et que ceux qui s'y connaissaient vraiment avaient un véritable boulevard devant eux.
Même si j'exerce ce métier seulement depuis 7 mois, tout porte à croire qu'il n'avait pas tort.
Je reste d'ailleurs toujours étonné de voir à quel point les avocats de mon cabinet qui peuvent se vanter de connaître la procédure sur le bout des doigts, pour l'avoir pratiquée depuis de nombreuses années, sont sollicités tant par leurs confrères novices en la matière (cf. moi) que par ceux spécialisés en matière de conseil, afin d'éviter autant que possible les mauvaises surprises propres au judiciaire.
C'est notamment une connaissance pointue de celle-ci qui permet d'entrevoir une issue dans un dossier perdu d'avance et, à l'inverse, de tout perdre dans une affaire où la victoire nous tendait pourtant les bras.
Reste que la maîtrise des subtilités de la procédure est très souvent le fruit d'une longue expérience du contentieux.
L'un de mes profs à l'EFB n'arrêtait pas de dire que la procédure était très mal maîtrisée par les avocats et que ceux qui s'y connaissaient vraiment avaient un véritable boulevard devant eux.
Même si j'exerce ce métier seulement depuis 7 mois, tout porte à croire qu'il n'avait pas tort.
Je reste d'ailleurs toujours étonné de voir à quel point les avocats de mon cabinet qui peuvent se vanter de connaître la procédure sur le bout des doigts, pour l'avoir pratiquée depuis de nombreuses années, sont sollicités tant par leurs confrères novices en la matière (cf. moi) que par ceux spécialisés en matière de conseil, afin d'éviter autant que possible les mauvaises surprises propres au judiciaire.
Inscription à :
Articles (Atom)
