Né entre 1980 et 2000, je fais partie de cette génération dont tout le monde parle...ou presque.
Je ne peux certifier que les avocats de ma génération aspirent à quelque chose de diamétralement opposé de celle de ses ainés.
Bien que minoritaire, j’ai dans mon entourage des avocats prêts à tout donner au travail, de façon à arriver au niveau de rémunération et à l’objectif qu’ils se sont fixés (devenir associé), même si cela les amène à finir très tard le soir et à travailler le samedi et le dimanche comme s’il s’agissait de jours ouvrés.
Ils acceptent, sans vraiment s’en plaindre, la contrepartie d’un tel train de vie à savoir l’absence de vie privée.
Inversement, je constate chez beaucoup de mes jeunes confrères une aspiration à une vie plus équilibrée ; quitte à gagner moins.
Quand vous avez entre 4 ans et plus d’expérience et que vous vous savez épuisé et usé par la cadence de travail qu’exige ce métier, sans pour autant en avoir retiré une satisfaction réelle ni même une véritable reconnaissance de la part de votre hiérarchie, se pose inévitablement la question qui fâche.
A quoi bon continuer ?
Ils ne remettent pas en cause le métier proprement dit, mais la façon souvent excessive de l’exercer, jusqu’à en devenir parfois caricaturale.
Ils sont donc nombreux à opter pour un autre choix de carrière.
Devenir juriste en est un. Monter son propre cabinet ou intégrer une plus petite structure en sont d’autres.
Le but étant de passer un peu moins de temps au travail afin de retrouver des week-end dignes de ce nom et de pouvoir honorer, en semaine, des soirées entre amis sans avoir à les décommander systématiquement.
Si les avocats de la génération Y diffèrent de ceux des générations précédentes, c’est aussi grâce ou à cause des outils qu’ils ont a à leur disposition.
Constamment connectés, ils peuvent travailler à distance, en déplacement…et même en vacances, là où leurs ainés pouvaient prétendre avoir terminé leurs journées quand ils mettaient un pied en dehors du cabinet.
Génération Y alias Génération Why...
jeudi 1 mars 2012
samedi 25 février 2012
Taux horaire, forfait global et temps passé
Les honoraires des avocats sont très souvent l’objet de critiques de la part des clients et du grand public en général.
L’avocat est, en effet, libre de fixer ses honoraires comme bon lui semble. Il peut décider que sa rémunération sera de X euros par heure passée sur le dossier.
Par exception, il lui est interdit de faire dépendre l’ensemble de ces honoraires du résultat de l’affaire qu’il s’engage à traiter pour le compte de son client (pourcentage sur la somme obtenue dit pacte quota litis).
L’avocat a cependant le droit de s’adapter à la fortune de son client en décidant, par exemple, de facturer beaucoup moins un client qui n’a pas de gros moyens qu’une entreprise qui a une puissance financière en rapport avec ses exigences.
De son côté, le client peut, et c’est d'ailleurs plus en plus fréquent en cette période de crise, tenter de négocier les honoraires qu’il devra verser à son conseil et lui demander s’il est mesure de lui proposer un forfait global ou une fourchette de prix au dessus de laquelle il s’engage à ne pas le facturer.
Quand l’avocat décide d'un forfait global, il s’expose très souvent au risque que son temps passé sur le dossier explose en raison d’imprévus (pourtant courants) dans les contentieux judiciaires (renvois successifs, incidents de procédure, etc...).
Dans ce cas de figure, l’avocat qui, une fois le dossier clôturé, compare le temps effectif passé sur le dossier et les honoraires facturés au client, s’aperçoit bien souvent que son travail a été tout...sauf rentable pour son cabinet.
L’avocat est, en effet, libre de fixer ses honoraires comme bon lui semble. Il peut décider que sa rémunération sera de X euros par heure passée sur le dossier.
Par exception, il lui est interdit de faire dépendre l’ensemble de ces honoraires du résultat de l’affaire qu’il s’engage à traiter pour le compte de son client (pourcentage sur la somme obtenue dit pacte quota litis).
L’avocat a cependant le droit de s’adapter à la fortune de son client en décidant, par exemple, de facturer beaucoup moins un client qui n’a pas de gros moyens qu’une entreprise qui a une puissance financière en rapport avec ses exigences.
De son côté, le client peut, et c’est d'ailleurs plus en plus fréquent en cette période de crise, tenter de négocier les honoraires qu’il devra verser à son conseil et lui demander s’il est mesure de lui proposer un forfait global ou une fourchette de prix au dessus de laquelle il s’engage à ne pas le facturer.
Quand l’avocat décide d'un forfait global, il s’expose très souvent au risque que son temps passé sur le dossier explose en raison d’imprévus (pourtant courants) dans les contentieux judiciaires (renvois successifs, incidents de procédure, etc...).
Dans ce cas de figure, l’avocat qui, une fois le dossier clôturé, compare le temps effectif passé sur le dossier et les honoraires facturés au client, s’aperçoit bien souvent que son travail a été tout...sauf rentable pour son cabinet.
mardi 24 janvier 2012
Une urgence à géométrie variable
L’urgence est ce qui a le caractère de ce qui est urgent. C’est par définition une situation à laquelle on doit remédier sans délai.
Dans la profession d’avocat, tout ou presque a le caractère de ce qui est urgent, puisque quasiment tout ce qui est confié par le client à l’associé est désigné comme urgent et que, par voie de conséquence, tout ce qui parvient au collaborateur l’est tout autant, sinon plus.
Tous les clients ne prétendent pas à tort ou par pure volonté de mettre sous pression leurs avocats qu’ils ont un besoin urgent de la réponse à la question qu’ils leur posent, mais j’ai pu constater que bon nombre des réponses données dans un délai court, au prétexte que le client en avait un besoin impérieux, n’avaient en réalité aucun caractère urgent.
L’avocat est parfois responsable de cet état de fait. Parce qu’en période de crise, il est encore plus soumis que par le passé à la « concurrence » de ses confrères, il préfère parfois répondre favorablement aux doléances les plus folles de son client que de le laisser croire qu’il pourrait être mieux conseillé et dans un délai plus court par un autre cabinet.
Sans pouvoir affirmer que cet état d’esprit est pour seul responsable de la pression continue qui est mise sur les collaborateurs, je ne peux pourtant pas m’empêcher de croire qu’il n’y a aucun lien de cause à effet.
D’ailleurs, quand j’observe la façon dont certains associés de mon cabinet gèrent les pseudos urgences de certains de leurs clients (qui ne prennent le temps de lire la « fameuse » consultation urgente que deux semaines après son envoi), je me dis que l’une des raisons pour lesquelles je souhaite un jour monter mon propre cabinet tient au fait que j’aimerai pouvoir expliquer à mes clients ce qu’est vraiment...« une situation à laquelle on doit remédier sans délai ».
Dans la profession d’avocat, tout ou presque a le caractère de ce qui est urgent, puisque quasiment tout ce qui est confié par le client à l’associé est désigné comme urgent et que, par voie de conséquence, tout ce qui parvient au collaborateur l’est tout autant, sinon plus.
Tous les clients ne prétendent pas à tort ou par pure volonté de mettre sous pression leurs avocats qu’ils ont un besoin urgent de la réponse à la question qu’ils leur posent, mais j’ai pu constater que bon nombre des réponses données dans un délai court, au prétexte que le client en avait un besoin impérieux, n’avaient en réalité aucun caractère urgent.
L’avocat est parfois responsable de cet état de fait. Parce qu’en période de crise, il est encore plus soumis que par le passé à la « concurrence » de ses confrères, il préfère parfois répondre favorablement aux doléances les plus folles de son client que de le laisser croire qu’il pourrait être mieux conseillé et dans un délai plus court par un autre cabinet.
Sans pouvoir affirmer que cet état d’esprit est pour seul responsable de la pression continue qui est mise sur les collaborateurs, je ne peux pourtant pas m’empêcher de croire qu’il n’y a aucun lien de cause à effet.
D’ailleurs, quand j’observe la façon dont certains associés de mon cabinet gèrent les pseudos urgences de certains de leurs clients (qui ne prennent le temps de lire la « fameuse » consultation urgente que deux semaines après son envoi), je me dis que l’une des raisons pour lesquelles je souhaite un jour monter mon propre cabinet tient au fait que j’aimerai pouvoir expliquer à mes clients ce qu’est vraiment...« une situation à laquelle on doit remédier sans délai ».
lundi 2 janvier 2012
Quel est votre objectif ?
C'est l'une des questions les plus posées lors des entretiens toutes professions confondues. Elle est en général présentée sous une formulation plus subtile, du type : « Où vous voyez-vous dans 5 ou 10 ans ? »
On y répond, à quelques exceptions près, en omettant d'indiquer tout ou partie de ses réelles volontés.
Difficile d'assener à un futur employeur que l'on souhaite s'enrichir de son expérience afin de monter plus tard sa propre structure, sans lui donner immédiatement l'envie de recruter quelqu'un dont le dévouement sur le long terme sera plus affirmé que le vôtre.
À l'inverse, indiquer que l'on souhaite devenir un futur associé de son cabinet a quelque chose de (trop) présomptueux.
D'un point de vue personnel, j'ai toujours trouvé utile de me fixer des objectifs à court ou moyen terme.
Pour une profession aussi brutale que celle d'avocat, cela peut s'avérer utile.
Exception faite de l'avocat salarié, tout collaborateur s'expose de par son statut à l'éventualité d'être viré du jour ou lendemain par son cabinet, avec 3 mois de préavis pour seule indemnité.
Il est donc inscrit dans l'ADN de ce métier une certaine forme de précarité.
Puisqu'il n'aura pas droit aux ASSEDIC, l’avocat est condamné à rebondir très vite.
Il est important pour l’avocat collaborateur d'avoir un ou plusieurs objectifs précis, de ne jamais les perdre de vue, mais également de prévoir un plan B, dans l’hypothèse où l’imprévisible finisse par se produire.
Bonne année 2012.
On y répond, à quelques exceptions près, en omettant d'indiquer tout ou partie de ses réelles volontés.
Difficile d'assener à un futur employeur que l'on souhaite s'enrichir de son expérience afin de monter plus tard sa propre structure, sans lui donner immédiatement l'envie de recruter quelqu'un dont le dévouement sur le long terme sera plus affirmé que le vôtre.
À l'inverse, indiquer que l'on souhaite devenir un futur associé de son cabinet a quelque chose de (trop) présomptueux.
D'un point de vue personnel, j'ai toujours trouvé utile de me fixer des objectifs à court ou moyen terme.
Pour une profession aussi brutale que celle d'avocat, cela peut s'avérer utile.
Exception faite de l'avocat salarié, tout collaborateur s'expose de par son statut à l'éventualité d'être viré du jour ou lendemain par son cabinet, avec 3 mois de préavis pour seule indemnité.
Il est donc inscrit dans l'ADN de ce métier une certaine forme de précarité.
Puisqu'il n'aura pas droit aux ASSEDIC, l’avocat est condamné à rebondir très vite.
Il est important pour l’avocat collaborateur d'avoir un ou plusieurs objectifs précis, de ne jamais les perdre de vue, mais également de prévoir un plan B, dans l’hypothèse où l’imprévisible finisse par se produire.
Bonne année 2012.
samedi 10 décembre 2011
Des œufs, un panier et une crise
J’ai commencé à exercer ce métier alors que LA crise avait déjà commencé.
Parce qu’en temps de crise, les entreprises ont tendance à tirer sur les prix de tous les prestataires avec lesquels elles travaillent, les cabinets d’avocats n’ont pas tardé à en faire les frais.
Des cabinets ont dû se séparer de collaborateurs et même d’associés pour s’adapter à la nouvelle conjoncture.
Indépendamment de cette crise, des confrères et amis plus expérimentés que moi, à la tête de leurs propres structures ou associés, m’ont régulièrement alerté sur le fait qu’il ne faut jamais faire dépendre l’équilibre d’un cabinet d’un seul et même client, pour la bonne et simple raison que si celui-ci devait prendre la décision de partir, le cabinet aurait de grandes difficultés à s’en remettre.
Le problème, quand on est avocat, est que les circonstances font qu’avec le temps, sans pour autant que ce soit l’unique client, vous devez inexorablement une grande partie de votre chiffre d’affaires à une seule et même entité.
Les circonstances font qu’un client, qui a confiance en vous, vous confie toujours plus du travail et qu’un avocat, quel qu’il soit, lui répond rarement :« Ecoutez non, je n’ai pas envie de faire dépendre une trop grande partie de mon chiffre d’affaires de votre structure, donc confiez plutôt ce travail à l’un de mes confrères ».
Là où cela se complique c’est quand cette structure, pour des raisons extérieures à la qualité de votre travail, est liquidée ou, et c’est encore plus fréquent en temps de crise, quand elle se fait racheter par son principal concurrent, lequel a déjà pleine confiance en son cabinet d’avocats habituel et ne souhaite donc pas en changer.
A cet instant, et cela vient d’arriver au cabinet dans lequel exerce l’un de mes confrères, vous vous rappelez, qu’en temps de crise les équilibres sont encore plus instables que d’ordinaire et qu’il vaut mieux avoir, sur le long terme, 20 clients réguliers qui paient 2.000 que 3 clients fidèles qui paient 30.000…
Une histoire d’œufs, de panier...et de crise.
Parce qu’en temps de crise, les entreprises ont tendance à tirer sur les prix de tous les prestataires avec lesquels elles travaillent, les cabinets d’avocats n’ont pas tardé à en faire les frais.
Des cabinets ont dû se séparer de collaborateurs et même d’associés pour s’adapter à la nouvelle conjoncture.
Indépendamment de cette crise, des confrères et amis plus expérimentés que moi, à la tête de leurs propres structures ou associés, m’ont régulièrement alerté sur le fait qu’il ne faut jamais faire dépendre l’équilibre d’un cabinet d’un seul et même client, pour la bonne et simple raison que si celui-ci devait prendre la décision de partir, le cabinet aurait de grandes difficultés à s’en remettre.
Le problème, quand on est avocat, est que les circonstances font qu’avec le temps, sans pour autant que ce soit l’unique client, vous devez inexorablement une grande partie de votre chiffre d’affaires à une seule et même entité.
Les circonstances font qu’un client, qui a confiance en vous, vous confie toujours plus du travail et qu’un avocat, quel qu’il soit, lui répond rarement :« Ecoutez non, je n’ai pas envie de faire dépendre une trop grande partie de mon chiffre d’affaires de votre structure, donc confiez plutôt ce travail à l’un de mes confrères ».
Là où cela se complique c’est quand cette structure, pour des raisons extérieures à la qualité de votre travail, est liquidée ou, et c’est encore plus fréquent en temps de crise, quand elle se fait racheter par son principal concurrent, lequel a déjà pleine confiance en son cabinet d’avocats habituel et ne souhaite donc pas en changer.
A cet instant, et cela vient d’arriver au cabinet dans lequel exerce l’un de mes confrères, vous vous rappelez, qu’en temps de crise les équilibres sont encore plus instables que d’ordinaire et qu’il vaut mieux avoir, sur le long terme, 20 clients réguliers qui paient 2.000 que 3 clients fidèles qui paient 30.000…
Une histoire d’œufs, de panier...et de crise.
dimanche 4 décembre 2011
Merci Maître !
La reconnaissance du client est ce à quoi aspire tout avocat digne de ce nom.
On a tendance à nous expliquer que l’avocat à un adversaire naturel qui serait la partie adverse, mais que, parfois, son propre client peut lui poser des difficultés.
C’est particulièrement vrai quand son client lui ment et dessert ainsi ses propres intérêts ou encore, cas plus fréquent, quand ce dernier accepte mal les recommandations de son conseil.
Dans ces conditions, cela vous oblige, d’abord, à redoubler de force de persuasion pour convaincre votre client de la justesse de votre stratégie, avant même de commencer à persuader le Tribunal de la pertinence de votre argumentation.
Parce que l’issue d’un litige est toujours incertaine, j’ai tendance à ne jamais rien promettre à mes clients et ce, même quand l’affaire paraît gagnée d’avance.
J’ai vu trop de retournements de situations où, « sans trop savoir pourquoi » un Tribunal décidait que la partie adverse était totalement dans son droit et que le client que je défendais avait soit partiellement, soit complètement tort, pour promettre quoi que ce soit, à qui que ce soit.
Dans ces conditions, même si la voie de l’appel reste ouverte, vous devrez faire avec la déception de votre client qui attendra plusieurs mois avant qu’un nouveau degré de juridiction lui donne enfin raison.
En revanche, l’un des avantages de ne jamais rien promettre tient dans l’effet de surprise qui naît chez votre client quand vous lui annoncez LA bonne nouvelle.
Vous pouvez lui expliquer que vous vous êtes gardé de tout triomphalisme avant qu’un jugement soit rendu, mais que le Tribunal a fait droit à l’ensemble de ses demandes.
A cet instant vous avez invariablement droit à un silence suivi d’un : « Merci beaucoup Maître ! », plus ou moins teinté d’émotion selon l’importance de l’enjeu pour le client.
Une vraie satisfaction pour l'avocat que vous êtes.
On a tendance à nous expliquer que l’avocat à un adversaire naturel qui serait la partie adverse, mais que, parfois, son propre client peut lui poser des difficultés.
C’est particulièrement vrai quand son client lui ment et dessert ainsi ses propres intérêts ou encore, cas plus fréquent, quand ce dernier accepte mal les recommandations de son conseil.
Dans ces conditions, cela vous oblige, d’abord, à redoubler de force de persuasion pour convaincre votre client de la justesse de votre stratégie, avant même de commencer à persuader le Tribunal de la pertinence de votre argumentation.
Parce que l’issue d’un litige est toujours incertaine, j’ai tendance à ne jamais rien promettre à mes clients et ce, même quand l’affaire paraît gagnée d’avance.
J’ai vu trop de retournements de situations où, « sans trop savoir pourquoi » un Tribunal décidait que la partie adverse était totalement dans son droit et que le client que je défendais avait soit partiellement, soit complètement tort, pour promettre quoi que ce soit, à qui que ce soit.
Dans ces conditions, même si la voie de l’appel reste ouverte, vous devrez faire avec la déception de votre client qui attendra plusieurs mois avant qu’un nouveau degré de juridiction lui donne enfin raison.
En revanche, l’un des avantages de ne jamais rien promettre tient dans l’effet de surprise qui naît chez votre client quand vous lui annoncez LA bonne nouvelle.
Vous pouvez lui expliquer que vous vous êtes gardé de tout triomphalisme avant qu’un jugement soit rendu, mais que le Tribunal a fait droit à l’ensemble de ses demandes.
A cet instant vous avez invariablement droit à un silence suivi d’un : « Merci beaucoup Maître ! », plus ou moins teinté d’émotion selon l’importance de l’enjeu pour le client.
Une vraie satisfaction pour l'avocat que vous êtes.
mardi 29 novembre 2011
C’est différent, mais tout aussi intense
Le titre de ce post est exactement la réponse que j’ai donnée à un stagiaire du cabinet quand il est venu me demander ce qui changeait entre mes débuts d’avocats et mon état d’esprit 3 ans plus tard.
Je lui ai expliqué que l’on maitrise indéniablement mieux son sujet.
On rédige mieux, plus vite et de façon plus pertinente les consultations et autres conclusions que l’on nous confie.
On est beaucoup plus sûr de nous et des positions que l’on prend. Voilà pour le positif.
Le paradoxe de cette situation vient du fait que cette « maitrise » durement acquise, qui devrait normalement rendre nos journées moins stressantes, est la principale raison pour laquelle nous avons désormais beaucoup moins de temps pour faire beaucoup plus de choses.
Evidemment, vous n’êtes pas le seul à vous être rendu compte de votre progression. Les associés de votre cabinet s’en sont aperçus et exigent maintenant de vous, qui n’êtes plus « un junior de chez junior », un travail encore plus impeccable, précis et surtout en conformité avec ce qu’il vous paie désormais (parce que vous avez été très généreusement augmenté de + ou - 10% chaque année malgré la crise).
Et cela, c’est sans compter vos clients personnels pour lesquels vous acceptez de gérer des dossiers plus complexes et plus pointus qu’à vos débuts.
Dès lors, comme je le disais au stagiaire qui espérait que je lui dise qu’avec le temps et l’expérience le métier d’avocat devenait plus facile à appréhender…« rassurez-vous, 3 ans après, c’est différent, mais tout aussi intense ».
Je lui ai expliqué que l’on maitrise indéniablement mieux son sujet.
On rédige mieux, plus vite et de façon plus pertinente les consultations et autres conclusions que l’on nous confie.
On est beaucoup plus sûr de nous et des positions que l’on prend. Voilà pour le positif.
Le paradoxe de cette situation vient du fait que cette « maitrise » durement acquise, qui devrait normalement rendre nos journées moins stressantes, est la principale raison pour laquelle nous avons désormais beaucoup moins de temps pour faire beaucoup plus de choses.
Evidemment, vous n’êtes pas le seul à vous être rendu compte de votre progression. Les associés de votre cabinet s’en sont aperçus et exigent maintenant de vous, qui n’êtes plus « un junior de chez junior », un travail encore plus impeccable, précis et surtout en conformité avec ce qu’il vous paie désormais (parce que vous avez été très généreusement augmenté de + ou - 10% chaque année malgré la crise).
Et cela, c’est sans compter vos clients personnels pour lesquels vous acceptez de gérer des dossiers plus complexes et plus pointus qu’à vos débuts.
Dès lors, comme je le disais au stagiaire qui espérait que je lui dise qu’avec le temps et l’expérience le métier d’avocat devenait plus facile à appréhender…« rassurez-vous, 3 ans après, c’est différent, mais tout aussi intense ».
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