L’une des choses les plus surprenantes quand on intègre un cabinet d’avocats, c’est cette impression étrange que l’on n’est plus vraiment maître de son temps.
Les urgences, qui ne s’annoncent guère à l’avance, sont souvent responsables du fait que vous soyez retenu au cabinet plus longtemps que prévu un soir où vous aviez justement prévu tout autre chose (un concert, un dîner, un apéro, etc).
Même si je m’estime, sur ce point, bien loti, certains de mes camarades de promo sont déjà surpris de la cadence imposée par les cabinets qui les emploient. Dire qu’ils entament le week-end en étant lessivés est en dessous de la vérité. Certains n’ont parfois même pas de week-end pour souffler puisque le week-end, ils sont au cabinet.
L’équation est (à quelques exceptions près) souvent la même : plus vous êtes payés plus on attend de vous en termes de temps de travail...et de disponibilité. Je précise "disponibilité" parce qu’il y a souvent dans certains cabinets de la place, une culture de la présence qui entre en ligne de compte. Chez certains d’entre eux, vous êtes « prié » de rester alors même que vous n’avez plus rien à faire et ce, tout simplement parce qu’il est mal vu de partir avant 22h.
Certains de mes camarades de promo, qui ont la chance d’être payés près de 6000 euros brut (hors TVA) par mois, ont pu constater ce que pouvait (aussi) être la vie d’un collaborateur junior. Une disponibilité pour le cabinet qui augmente à mesure que le temps pour leurs amis se réduit comme peau de chagrin.
Dans ce cas de figure, la frustration intervient assez rapidement. Puisqu’il devient impossible de garantir à votre entourage que vous serez à l’heure dite à tel ou tel endroit de Paris pour dîner ou boire un verre, les annulations de soirée ne tardent pas à se multiplier quand les invitations se réduisent d’autant.
En définitive, sauf à être votre propre patron ou à bosser dans l’un des (trop rares ?) cabinets parisiens au sein desquels il est acquis qu’un collaborateur doit également avoir du temps pour une vie privée (en dehors dudit cabinet), vous pouvez vous attendre à en baver, ce qui, paraît-il, fait (aussi) partie du métier...
vendredi 27 février 2009
samedi 21 février 2009
Montée d’adrénaline
La pression monte quand les délais sont courts, que l’audience approche à grands pas, que vous demandez au client une pièce maîtresse qui n’arrive (décidément) pas et que vous attendez que l’associé avec lequel vous travaillez ait (enfin) le temps matériel de vous relire avant de communiquer pièces et conclusions.
Elle l’est d’autant plus quand l’affaire urgente sur laquelle vous travaillez est jugée moins urgente que celle de l’associé qui à la charge de vous relire, qu’aucune assistante n’est disponible pour vous donner un coup de main (parce qu’elles travaillent en priorité pour des associés déjà débordés) qu’une nouvelle affaire nécessite que vous assistiez à un premier rendez-vous client interminable et que les délais (déjà courts) vous obligent à rester beaucoup plus tard au cabinet qu’à l’accoutumée.
La montée d’adrénaline intervient le jour de l’audience, quand votre confrère s’aperçoit que vous êtes prêt à plaider, que vos écritures (revues et corrigées par l’associé) laissent apparaître des arguments en béton armé et que l’assurance dont vous faites preuve vous permet de percevoir en lui le doute s’installer.
Même si la suite s’est révélée conforme à l’impression laissée, j’ai tiré comme leçon de ces dernières semaines pour le moins agitées le fait que le métier d’avocat nécessitait outre une capacité réelle à s’adapter aux imprévus ainsi qu'aux situations d’urgences, une prédisposition à supporter la pression qui les accompagne.
Elle l’est d’autant plus quand l’affaire urgente sur laquelle vous travaillez est jugée moins urgente que celle de l’associé qui à la charge de vous relire, qu’aucune assistante n’est disponible pour vous donner un coup de main (parce qu’elles travaillent en priorité pour des associés déjà débordés) qu’une nouvelle affaire nécessite que vous assistiez à un premier rendez-vous client interminable et que les délais (déjà courts) vous obligent à rester beaucoup plus tard au cabinet qu’à l’accoutumée.
La montée d’adrénaline intervient le jour de l’audience, quand votre confrère s’aperçoit que vous êtes prêt à plaider, que vos écritures (revues et corrigées par l’associé) laissent apparaître des arguments en béton armé et que l’assurance dont vous faites preuve vous permet de percevoir en lui le doute s’installer.
Même si la suite s’est révélée conforme à l’impression laissée, j’ai tiré comme leçon de ces dernières semaines pour le moins agitées le fait que le métier d’avocat nécessitait outre une capacité réelle à s’adapter aux imprévus ainsi qu'aux situations d’urgences, une prédisposition à supporter la pression qui les accompagne.
jeudi 12 février 2009
Défendre « l’indéfendable »
Quand j’étais encore adolescent, je pensais naïvement qu’un bon avocat était un avocat qui ne perdait aucune affaire.
La réalité s’est vite révélée complètement différente et la raison est simple.
Sauf à sélectionner votre clientèle (ce qui, je le rappelle, « ne se fait pas, surtout en temps de crise »), vous risquez fortement de vous trouver (d’autant plus quand le cabinet dans lequel vous exercez à bonne réputation) dans le cas de figure où vous aurez défendre des personnes qui s’adresseront à vous en étant convaincues que vous pourrez trouver LA solution à leur problème voire faire des miracles alors même que les faits, le droit positif et la jurisprudence leur donnent approximativement 0,0000001% de chances de s’en sortir.
Si ce cas de figure se présente, la déontologie et l’honnêteté intellectuelle auxquelles vous êtes tenu vous imposent d’expliquer à votre client les chances réelles qu’il a d’obtenir gain de cause.
Si gagner n’est plus envisageable, plusieurs possibilités s’offrent à vous :
- Celle de la transaction sur la base du fameux adage « un mauvais arrangement vaut mieux qu’un bon procès ».
- Celle de la défense devant les tribunaux en tentant de tordre les faits, le droit et les concepts pourtant bien établis tout en donnant du relief à une jurisprudence (malheureusement) isolée.
Dans ce dernier cas, votre objectif est en fait très simple…limiter les dégâts.
La réalité s’est vite révélée complètement différente et la raison est simple.
Sauf à sélectionner votre clientèle (ce qui, je le rappelle, « ne se fait pas, surtout en temps de crise »), vous risquez fortement de vous trouver (d’autant plus quand le cabinet dans lequel vous exercez à bonne réputation) dans le cas de figure où vous aurez défendre des personnes qui s’adresseront à vous en étant convaincues que vous pourrez trouver LA solution à leur problème voire faire des miracles alors même que les faits, le droit positif et la jurisprudence leur donnent approximativement 0,0000001% de chances de s’en sortir.
Si ce cas de figure se présente, la déontologie et l’honnêteté intellectuelle auxquelles vous êtes tenu vous imposent d’expliquer à votre client les chances réelles qu’il a d’obtenir gain de cause.
Si gagner n’est plus envisageable, plusieurs possibilités s’offrent à vous :
- Celle de la transaction sur la base du fameux adage « un mauvais arrangement vaut mieux qu’un bon procès ».
- Celle de la défense devant les tribunaux en tentant de tordre les faits, le droit et les concepts pourtant bien établis tout en donnant du relief à une jurisprudence (malheureusement) isolée.
Dans ce dernier cas, votre objectif est en fait très simple…limiter les dégâts.
mardi 10 février 2009
4 mois déjà
Cela fait donc quatre mois que je suis devenu un collaborateur junior. Ce n’est pas assez longtemps pour faire un vrai bilan mais assez pour faire part de mes impressions.
J’ai donc l’impression qu’on ne s’est pas moqué de moi et que ce que l’on m’avait promis au moment de l’entretien m’a réellement été offert ou confié.
Je suis plutôt satisfait de la formation qui m'est dispensée, la rémunération est correcte (sans être extraordinaire), les horaires sont conformes à ce qui m'avait été annoncé et il m’a été donné l’occasion de plaider à plusieurs reprises. Je suis associé pleinement à la gestion des dossiers et je n’ai donc pas (comme c’est parfois le cas en cabinet d’avocats) à gérer bout de dossier après bout de dossier.
J’aurai de toute façon du mal à me plaindre de mon sort alors même que je constate à quelle sauce sont mangés certains de mes camarades de promo. Patrons cyclothymiques, promesses non tenues ou encore ambiance délétère entraînant des départs plus ou moins volontaires. Je suis d’autant plus satisfait de mon sort quand je vois la difficulté qu’éprouvent certains d’entre eux à décrocher une collaboration en cette période de crise, synonyme de ralentissement voire de gel des recrutements…
J’ai donc l’impression qu’on ne s’est pas moqué de moi et que ce que l’on m’avait promis au moment de l’entretien m’a réellement été offert ou confié.
Je suis plutôt satisfait de la formation qui m'est dispensée, la rémunération est correcte (sans être extraordinaire), les horaires sont conformes à ce qui m'avait été annoncé et il m’a été donné l’occasion de plaider à plusieurs reprises. Je suis associé pleinement à la gestion des dossiers et je n’ai donc pas (comme c’est parfois le cas en cabinet d’avocats) à gérer bout de dossier après bout de dossier.
J’aurai de toute façon du mal à me plaindre de mon sort alors même que je constate à quelle sauce sont mangés certains de mes camarades de promo. Patrons cyclothymiques, promesses non tenues ou encore ambiance délétère entraînant des départs plus ou moins volontaires. Je suis d’autant plus satisfait de mon sort quand je vois la difficulté qu’éprouvent certains d’entre eux à décrocher une collaboration en cette période de crise, synonyme de ralentissement voire de gel des recrutements…
samedi 31 janvier 2009
Sous l’eau
Plusieurs urgences (Urgence n.f. Nécessité d'agir vite) viennent de se signaler en même temps au sein du cabinet.
Une urgence naît quand un ou plusieurs clients vous sollicitent pour que vous rendiez une ou plusieurs consultations dans les plus brefs délais sur des points juridiques précis parce qu'une partie de leur modèle économique dépend de la réponse aux questions qu'ils vous posent. La consultation étant dans ce cas le probable préalable à un contentieux voulu ou subi par ledit client.
En effet, en matière de contentieux (n.m. Désigne l'ensemble des litiges relevant d'un tribunal ou d'un ensemble de juridiction), l’urgence peut s’avérer encore plus problématique. Dans ce type d’affaire, votre client est beaucoup plus tendu quand il s'adresse à vous. Il vous sollicite parce qu’il veut que vous défendiez ses intérêts en assignant une société ou un particulier ou parce qu’il souhaite que vous le défendiez au motif qu’il vient d’être assigné.
L’assignation (n.f. Acte de procédure civile qui permet à une personne (le demandeur) d'informer son adversaire (le défendeur) qu'elle engage un procès contre lui et l'invite à comparaître devant une juridiction) peut être « classique » quand elle implique vous vous constituiez pour le compte de votre client et que vous échangiez, sous le contrôle d’un juge de mise en état, des conclusions avec votre confrère adverse pendant parfois plusieurs mois avant qu’une audience de plaidoirie ne soit programmée.
L’affaire se complique quand sur autorisation du président du tribunal, le demandeur décide d’assigner votre client à jour fixe et même à heure fixe, sur autorisation du juge des référés.
Dans ce cas de figure, votre confrère adverse vous oblige à réagir dans un temps record, en lisant, analysant et décortiquant les nombreuses pièces et conclusions fournies qu’il produit à l’appui de sa demande car, cette fois, l’audience de plaidoirie aura lieu dans un temps très rapproché. Plusieurs semaines tout au plus.
Quand les collaborateurs et associés du cabinet étaient déjà tous débordés avant même que ces clients ne les sollicitent et que l’une des questions juridiques posées par ces demandes de consultations urgentes ou par ces assignations à jour fixe concerne directement le domaine de compétence de votre département, cela fait immédiatement de vous un homme…sous l’eau.
Une urgence naît quand un ou plusieurs clients vous sollicitent pour que vous rendiez une ou plusieurs consultations dans les plus brefs délais sur des points juridiques précis parce qu'une partie de leur modèle économique dépend de la réponse aux questions qu'ils vous posent. La consultation étant dans ce cas le probable préalable à un contentieux voulu ou subi par ledit client.
En effet, en matière de contentieux (n.m. Désigne l'ensemble des litiges relevant d'un tribunal ou d'un ensemble de juridiction), l’urgence peut s’avérer encore plus problématique. Dans ce type d’affaire, votre client est beaucoup plus tendu quand il s'adresse à vous. Il vous sollicite parce qu’il veut que vous défendiez ses intérêts en assignant une société ou un particulier ou parce qu’il souhaite que vous le défendiez au motif qu’il vient d’être assigné.
L’assignation (n.f. Acte de procédure civile qui permet à une personne (le demandeur) d'informer son adversaire (le défendeur) qu'elle engage un procès contre lui et l'invite à comparaître devant une juridiction) peut être « classique » quand elle implique vous vous constituiez pour le compte de votre client et que vous échangiez, sous le contrôle d’un juge de mise en état, des conclusions avec votre confrère adverse pendant parfois plusieurs mois avant qu’une audience de plaidoirie ne soit programmée.
L’affaire se complique quand sur autorisation du président du tribunal, le demandeur décide d’assigner votre client à jour fixe et même à heure fixe, sur autorisation du juge des référés.
Dans ce cas de figure, votre confrère adverse vous oblige à réagir dans un temps record, en lisant, analysant et décortiquant les nombreuses pièces et conclusions fournies qu’il produit à l’appui de sa demande car, cette fois, l’audience de plaidoirie aura lieu dans un temps très rapproché. Plusieurs semaines tout au plus.
Quand les collaborateurs et associés du cabinet étaient déjà tous débordés avant même que ces clients ne les sollicitent et que l’une des questions juridiques posées par ces demandes de consultations urgentes ou par ces assignations à jour fixe concerne directement le domaine de compétence de votre département, cela fait immédiatement de vous un homme…sous l’eau.
mercredi 28 janvier 2009
Dans la peau d'un plaideur
Depuis mon arrivée au cabinet, j’ai eu, outre quelques consultations à réaliser, de nombreux dossiers contentieux sur lesquels travailler. Certains arrivent en ce moment dans la période où ils vont devoir faire l’objet d’une plaidoirie.
Même s’il est rare de plaider quand on est un jeune junior (sic), un mélange de concours de circonstances (l’absence d’un collaborateur) et d'insistance de ma part m’a permis d’avoir la chance de plaider deux affaires.
Cette semaine, j'ai plaidé une troisième affaire qui m’a finalement donné l’impression d’être la première. Concernant les deux autres dossiers, je suis en effet arrivé au cabinet à un stade où ils étaient déjà bien avancés et où l’essentiel des éléments de fond du dossier avait été discuté.
Cette fois, les moindres mots, (piques) et autres répliques étaient de moi, ce qui rendait l’exercice de plaidoirie d’autant plus intéressant.
Même si je ne me considère pas comme quelqu’un de particulièrement timide, j’avoue qu’avant de prendre la parole, j’ai senti un stress (inhabituel) m’envahir à l’idée de devoir parler devant les juges, en présence de mon client ainsi que devant un public de curieux venu pour l’occasion. (Certaines chambres du TGI de Paris étant souvent fréquentées par des personnes qui assistent aux audiences comme elles iraient voir un film au cinéma).
Mais passé cet instant de doute, la « machine » a fini par se mettre en route, les mots se sont enchaînés, le ton est devenu plus sûr et les jeux de manches (et de mots) se sont faits plus réguliers.
L'instant qui a suivi cette plaidoirie, je n'ai pu m’empêcher de me dire que c’est (aussi) pour vivre ces moments là que j'ai voulu devenir avocat…
Même s’il est rare de plaider quand on est un jeune junior (sic), un mélange de concours de circonstances (l’absence d’un collaborateur) et d'insistance de ma part m’a permis d’avoir la chance de plaider deux affaires.
Cette semaine, j'ai plaidé une troisième affaire qui m’a finalement donné l’impression d’être la première. Concernant les deux autres dossiers, je suis en effet arrivé au cabinet à un stade où ils étaient déjà bien avancés et où l’essentiel des éléments de fond du dossier avait été discuté.
Cette fois, les moindres mots, (piques) et autres répliques étaient de moi, ce qui rendait l’exercice de plaidoirie d’autant plus intéressant.
Même si je ne me considère pas comme quelqu’un de particulièrement timide, j’avoue qu’avant de prendre la parole, j’ai senti un stress (inhabituel) m’envahir à l’idée de devoir parler devant les juges, en présence de mon client ainsi que devant un public de curieux venu pour l’occasion. (Certaines chambres du TGI de Paris étant souvent fréquentées par des personnes qui assistent aux audiences comme elles iraient voir un film au cinéma).
Mais passé cet instant de doute, la « machine » a fini par se mettre en route, les mots se sont enchaînés, le ton est devenu plus sûr et les jeux de manches (et de mots) se sont faits plus réguliers.
L'instant qui a suivi cette plaidoirie, je n'ai pu m’empêcher de me dire que c’est (aussi) pour vivre ces moments là que j'ai voulu devenir avocat…
mercredi 21 janvier 2009
CON-FRA-TER-NI-TE
Plus le temps passe et plus j’apprends des avocats de mon cabinet et des confrères adverses.
La déontologie veut que l’avocat de la partie adverse ne soit pas un adversaire mais un confrère, soit un membre de cette grande famille qu’est l’Ordre des avocats du Barreau dont vous faites partie. La confraternité impose que vous vous comportiez à son égard avec courtoisie. Il doit y avoir de la considération des jeunes envers les anciens et une bienveillance de ces mêmes anciens à l’égard de leurs jeunes confrères.
Voilà pour le principe. En pratique, j’ai pu constater pendant mes stages que la confraternité n’empêchait pas les conclusions envoyées volontairement à la dernière minute ou très tard le soir, la veille d’une audience.
J’ai pu m’apercevoir également (et c’est là quelque chose que les clients ont souvent un peu de mal à comprendre) que les avocats qui s’affrontent avec véhémence devant le tribunal peuvent être les meilleurs amis du monde et tombés quasiment dans les bras l’un de l’autre l’instant qui suit le moment où le juge lève l’audience.
Les avocats d’expérience ont parfois tendance à conseiller aux plus jeunes de se méfier de la confraternité trop affichée du confrère adverse qui précède souvent le coup bas auquel on ne s’attend pas.
Avant même que la pratique finisse par m'en apprendre plus sur ce point, je me tiens donc sur mes gardes…fort des témoignages des « sages » qui m’entourent.
La déontologie veut que l’avocat de la partie adverse ne soit pas un adversaire mais un confrère, soit un membre de cette grande famille qu’est l’Ordre des avocats du Barreau dont vous faites partie. La confraternité impose que vous vous comportiez à son égard avec courtoisie. Il doit y avoir de la considération des jeunes envers les anciens et une bienveillance de ces mêmes anciens à l’égard de leurs jeunes confrères.
Voilà pour le principe. En pratique, j’ai pu constater pendant mes stages que la confraternité n’empêchait pas les conclusions envoyées volontairement à la dernière minute ou très tard le soir, la veille d’une audience.
J’ai pu m’apercevoir également (et c’est là quelque chose que les clients ont souvent un peu de mal à comprendre) que les avocats qui s’affrontent avec véhémence devant le tribunal peuvent être les meilleurs amis du monde et tombés quasiment dans les bras l’un de l’autre l’instant qui suit le moment où le juge lève l’audience.
Les avocats d’expérience ont parfois tendance à conseiller aux plus jeunes de se méfier de la confraternité trop affichée du confrère adverse qui précède souvent le coup bas auquel on ne s’attend pas.
Avant même que la pratique finisse par m'en apprendre plus sur ce point, je me tiens donc sur mes gardes…fort des témoignages des « sages » qui m’entourent.
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