dimanche 30 août 2009

Évaluation des risques

J’ai une nette préférence pour le contentieux par rapport au conseil. Le fait d’être conduit à plaider régulièrement et à être confronté aux arguments du confrère adverse, est quelque chose qui me stimule.

Je pratique néanmoins le conseil avec de plus en plus de plaisir. Les recherches sont similaires à celles que j’effectue pour mener à bien une procédure judiciaire, à ceci près que, sauf le cas d’un cadre expérimenté ou d’un responsable juridique, votre interlocuteur est rarement un familier du droit. Il n’attend donc pas de vous l’ensemble des précisions techniques que vous opposeriez à un confrère.

Une consultation consiste donc bien souvent à donner un cadre juridique précis et clair à des questions factuelles posées par le client. Elle doit prendre en considération toutes les problématiques juridiques et tous les risques engendrés par les décisions que pourraient prendre par votre client.

Quand je rédige des consultations, je prends conscience des raisons pour lesquelles les contentieux sont si nombreux devant les tribunaux. Le recours au conseil d’un avocat pour valider des stratégies motivées par des raisons d’ordre économique est beaucoup trop rare…

jeudi 20 août 2009

Reprise d’activité

Quand vous travaillez dans un cabinet d’avocats, une bonne partie des 5 semaines de congé dont vous bénéficiez se prend pendant l’été.

Cela est notamment lié au fait que la période allant de la fin du mois de juillet à la fin du mois d’août correspond à ce que l’on appelle les vacances judiciaires, ou plus exactement à la période d’allègement. Comme son nom l’indique, à cette période, pour peu que votre activité soit tournée vers le contentieux, les tribunaux fonctionnent de façon considérablement réduite.

Les avocats en profitent donc pour partir en vacances, et ce, d’autant plus facilement que même si leur activité est liée au conseil, les particuliers et les DG des entreprises pour lesquels ils travaillent sont bien souvent, eux aussi, en vacances à ce moment-là.

Parce que ce métier vous oblige à tenter de prévoir l’imprévisible et à constamment vous attendre au pire, il est souvent convenu, quand les effectifs des cabinets le permettent, d’un roulement entre les avocats et associés du cabinet de façon à ce qu’il reste un ou plusieurs avocats aptes à répondre aux urgences des clients durant cette période.

Les vacances judiciaires sont souvent l’occasion, pour ceux qui travaillent au début du mois d’août, de découvrir ce à quoi correspond une activité réduite à son strict minimum. Vivement la reprise !

vendredi 7 août 2009

Information CAPITAL

J'ai lu récemment un article dont le titre m'a immédiatement interpellé. Il s'agissait d'un dossier, publié dans le magazine CAPITAL, intitulé " Trouver un bon avocat, mode d'emploi".

J'ai tenté de lire ce papier sans à priori ainsi qu'avec un minimum de recul, de façon à savoir un client pourrait y trouver des informations capitales dans sa quête de l'avocat idéal.

Mon bilan est globalement positif. "Dans quels cas privilégier un spécialiste à un généraliste ? Comment vérifier ses aptitudes ? Quel rapport entretenir avec lui ? Comment s'assurer qu'il se rendra disponible ?" sont des questions qu'un client peut légitimement se poser quand il confie son dossier à un avocat.

En revanche, laisser entendre au lecteur qu'il doit s'assurer auprès de son avocat, et ce, dès la première consultation, des plages horaires où il sera joignable, mais aussi qu'il peut lui demander son numéro de portable m'apparaît quelque peu audacieux.

Du haut de ma maigre expérience, je sais que rares sont les avocats capables de fixer à l'avance des plages horaires auxquelles ils seront disponibles et qu'un numéro de portable ne se donne que de façon très exceptionnelle au client.

dimanche 26 juillet 2009

En première ligne

Ces derniers temps, il m’arrive de travailler (supervisé en cela par un associé) plus particulièrement pour un client du cabinet. L’état de charge de l’associé qui gère ce client ne lui permet pas de lui répondre directement, alors même que ce client a régulièrement des questions à poser, eu égard aux nombreuses affaires dont il a confié la gestion au cabinet.

Il a été donc été convenu que c’est à moi que ce client doit s’adresser quand il a des questions tenant au suivi de ses affaires.

Le fait d’être l’interlocuteur privilégié d’un client est à la fois grisant et délicat.

C’est grisant parce que j’ai le droit et même le devoir de répondre aux questions, parfois complexes, que me pose le client tout en m’imposant auprès de lui comme un interlocuteur fiable et compétent.

C’est délicat parce que je me sais en première ligne si une erreur est commise ou si quelque chose d’inexact lui est indiqué.

Le fait de prendre en charge un client impose que je tienne donc régulièrement au courant l’associé de ce qui a été convenu avec ce client et de ce sur quoi je me suis engagé auprès de lui, mais aussi que je n’hésite pas à le consulter si j’estime que la question qui m’a été posée dépasse mon champ de compétence ou nécessite l’arbitrage de quelqu’un de plus expérimenté.

mardi 21 juillet 2009

C’est grave, Maître ?

A l’instar d’un patient qui viendrait voir son médecin pour être rassuré sur son état de santé, le client consulte un avocat avec l’espoir qu'il lui dise que la situation dans laquelle il se trouve n’est pas catastrophique.

Quand il fait cette démarche au motif qu’il a reçu une mise en demeure ou une assignation de la part d’un confrère, il a souvent toutes les difficultés du monde à cacher qu’il est très inquiet.
Même si la déontologie interdit à l’avocat de proférer des menaces (autre que celle consistant à indiquer qu’il est possible qu’il intente une action) à l’encontre de qui que ce soit, il est difficile de nier que le ton de la lettre de mise en demeure ou les demandes visées dans l’assignation contribuent très souvent à faire du client lambda qui en le destinataire, un individu convaincu que le ciel vient de lui tomber sur la tête.

C’est à la lumière des documents qu’il vous confiera et des faits qu’il vous décrira que vous pourrez diagnostiquer les chances qu’il a de s’en sortir à bon compte ainsi que la façon dont vous devrez vous y prendre pour obtenir ce résultat.

Hormis quelques cas liés notamment au droit pénal, il est finalement assez rare que le client sorte du cabinet encore plus inquiet qu’il ne l’était avant de rencontrer son conseil.
Ce qui ne veut pas, pour autant, dire qu'il en sort complètement rassuré...

jeudi 16 juillet 2009

Prioriser

Prioriser est l’un de ces termes que les associés des cabinets d’avocats utilisent souvent pour indiquer à leurs collaborateurs que même s’ils ont l’impression d’être débordés, ils pourront toujours s’en sortir grâce à un minimum de sens de l’organisation.

Ce néologisme qui signifie donner une plus grande importance à quelque chose ou à quelqu’un est, en effet, un mode de fonctionnement nécessaire pour quiconque travaille dans un cabinet d’avocats.

Parmi ce que l’on doit faire, il y a souvent des tâches et des dossiers à terminer de toute urgence, parce que le calendrier l’impose ou encore parce que le client (pressant et pressé) en a décidé ainsi, et d’autres qui peuvent être remis à plus tard parce que le client nous laisse plus de marge quant aux délais.

Le junior n’a souvent que peu de latitude puisque le travail lui vient très souvent de l’associé, lequel s’est préalablement chargé de déterminer ce qui est urgent de ce qui l’était moins.

L’étape ultime de la priorisation intervient néanmoins quand absolument tous les dossiers que vous êtes chargé de traiter sont à terminer de toute urgence et que, « contraint et forcé », vous décidez de prioriser le travail…au détriment de votre vie personnelle.

vendredi 10 juillet 2009

Le client est roi

La clientèle est une donnée importante dans un cabinet d’avocats. Sans elle, il n’y a pas d’affaires à traiter et donc pas d’argent qui entre.

Il est donc indispensable que les associés du cabinet la trouvent (sans pour autant la démarcher - puisque le démarchage est interdit aux avocats -), qu'ils la fidélisent afin qu’elle leur confie régulièrement des consultations et autres contentieux et, si possible, qu'elle parle autour d’elle des bons services rendus par le cabinet.

Par temps de crise, au-delà du fait d’avoir des clients, s’est rajoutée la difficulté de conserver ceux qui sont toujours solvables et donc en mesure d’honorer les factures d’honoraires qui leur seront adressées.

Un client qui, au final, ne paie pas est un client pour lequel on a travaillé et mobilisé du temps pour rien (du moins, d'un point de vue strictement comptable).

Le client est donc LA donnée fondamentale d’un cabinet, tout juste après les avocats qui le composent. Un avocat, aussi brillant soit-il, n’est finalement que peu de choses sans une clientèle qui contribue à assurer l’existence de son cabinet.

La crise est d’ailleurs venue rappeler, de façon assez brutale, ce principe essentiel à de nombreuses structures…