Il arrive que des clients potentiels ou réguliers s'adressent à moi afin que j'intervienne pour leur compte dans des domaines du droit que je ne pratique pas, faute de les maitriser suffisamment.
Dans ce cas de figure, je choisis systématiquement de les rediriger vers des confrères dont je sais qu'ils seront en mesure de satisfaire à leurs exigences.
Même si certains de mes confrères prennent pour habitude de toucher une sorte de commission pour la mise en relation (plus ou moins 10% de ce que vous facturez aux clients qu'ils redirigent vers vous), le fait de renvoyer mes clients vers des confrères (qui sont le plus souvent des amis ou des connaissances en qui j'ai toute confiance) m'a poussé à ne jamais procéder ainsi et de le faire de façon totalement désintéressée.
Paradoxalement, ce qui est très souvent perçu par mes confrères comme de la générosité s'avère, bien souvent, être le début d'un cercle vertueux dans lequel le confrère qui a bénéficié de nouveaux clients par votre intermédiaire finira à court, moyen ou long terme par vous recommander à l'un de ces clients qui recherchera un avocat dont les compétences correspondent aux vôtres.
Au bout de quelques années, ce sont d'ailleurs ces coups de pouces réciproques entre confrères qui deviendront le socle de ce qu'on appellera votre...réseau.
jeudi 9 octobre 2014
jeudi 8 mai 2014
Ma petite entreprise
Etre un avocat à son compte implique notamment
une constante recherche d’efficacité et de productivité.
Vous passez vos journées à alterner entre les
préoccupations juridiques de vos clients et les questions d’ordre économiques
de votre cabinet.
Celles de vos clients sont à peu près du même
acabit qu’à l’époque où vous étiez collaborateur à ceci près que dans
l’hypothèse, assez fréquente, d’une surcharge de travail il n’est pas
envisageable de demander à d’autres personnes de votre équipe de vous prêter
main forte.
Les considérations d’ordre économiques sont totalement
nouvelles et intimement liées au fait qu’il est, certes, possible de gérer
seul quelques clients mais qu’une fois passer un certain cap dans votre
activité, les difficultés commencent invariablement à se poser.
Dans ces conditions :
1 ) Dois-je recruter un stagiaire ?
2 ) Dois-je recruter un collaborateur ?
3 ) Dois-je m’associer avec des confrères ?
Autant de questions que je me pose assez
fréquemment, ces derniers temps.
A la première question, j’ai pris la décision
de répondre par l’affirmative. Pour avoir été stagiaire, il n’y a pas si
longtemps, je sais à quel point ce profil pourrait être utile à mon activité.
La deuxième est moins évidente.
Même si je pourrais me permettre d’en
recruter un, je préfère encore attendre un peu.
Je me dis qu’il ne faut pas que j’aille plus
vite que la musique, même si la conséquence directe d’une absence de
recrutement est que le travail à réaliser s’accumule à mesure que le temps
passe et qu’il n’y a que moi pour juguler cette hausse.
La troisième question me paraît encore plus
lointaine.
Je perçois bien les avantages qu’il y aurait
à m’associer avec un ou des confrères, mais je vois trop d’association
d’avocats voler en éclats (même entre amis de longue date) pour prendre à la
légère les propositions et/ou appels du pied qui me sont faits ces derniers
temps.
Mon installation en mode « solo »
fonctionne, jusqu’ici, au delà de mes attentes, ce qui me permet de ne pas
ressentir un besoin de bruler les étapes.
Je ne suis néanmoins pas dupe du constat
selon lequel un avocat passe, en moins d’un temps qu’il ne le
faut pour le dire, d’une situation qui lui semble sous contrôle à de longues périodes
durant lesquelles il croule sous le travail.
Dans cette perspective, j’aime à
croire qu’avoir tenté d’anticiper les évènements et les questions qu’ils
engendreront, devrait me permettre d’éviter tout ou partie des problèmes qui
leur seront alors associés.
Ne dit-on pas que gouverner c’est prévoir ?
vendredi 21 mars 2014
A la recherche du juste équilibre
A mesure que le temps passe, tant
par goût que par un souci de gestion utile du temps dont je dispose, je
recentre, par petites touches, mon activité du contentieux vers le conseil.
Le contentieux est (à tort ou
raison) considéré comme la quintessence du métier d’avocat.
Vous y défendez les intérêts d’un
justiciable dans le cadre d’une action intentée devant les tribunaux, vous
élaborez une défense ou ses demandes, mettez en place une stratégie et en image
vos arguments ou vous vous confrontez aux arguments du confrère qui défend la
partie adverse.
Cet exercice enrichissant
d’un point de vue intellectuel et stimulant par son enjeu s’avère, bien souvent,
moins classique que ce à quoi vous vous attendiez.
Cela s’avère être en pratique le
principal inconvénient du contentieux pour une petite structure comme la
mienne.
Un contentieux implique des
rendez-vous clients (autant que nécessaire), des analyses de pièces et de
conclusions adverses (idem), des déplacements aux audiences de procédure, de
longues attentes auxdites audiences, des coups de téléphone aux confrères et
aux clients, des renvois d’audiences imprévus et ainsi de suite jusqu’à
l’audience de plaidoirie précédant le délibéré.
La crise ayant fait son œuvre, il
est soit impossible soit très rare de pouvoir facturer vos clients selon un
taux horaire pour le temps que vous passez réellement sur les affaires que vous
traitez pour eux. Le forfait est pour ainsi dire devenu la règle.
Dès lors, si vous y passez
beaucoup plus de temps que ce que vous aviez prévu, vous voilà « condamné »
à travailler (certes par amour pour votre métier et par loyauté envers votre
client) mais en quelque sorte à perte, du moins d’un point de vue strictement
financier.
Le conseil a, à l’inverse, pour
principale qualité de ne pas présenter cet écueil.
Quand vous adressez un devis à votre client, vous le faites au plus juste. L’expérience aidant vous connaissez le temps que nécessitera l’analyse de sa situation afin de répondre aux questions qu'il se pose.
Quand vous adressez un devis à votre client, vous le faites au plus juste. L’expérience aidant vous connaissez le temps que nécessitera l’analyse de sa situation afin de répondre aux questions qu'il se pose.
Une fois ce travail réalisé, votre
dossier est clôturé et vous pouvez en débuter un autre.
L’équilibre de mon cabinet, que
j’espère pouvoir développer lentement (mais sûrement), passe, à mon sens,
par un savant mélange entre le
contentieux (qui m’attire toujours
autant, mais que je trouve particulièrement chronophage) et le conseil (moins
frustrant parce que plus prévisible), en faveur du second et au détriment du
premier.
Je considère qu’être à la tête de
son propre cabinet d’avocats n’implique pas seulement de recevoir et
d’accepter, comme une bénédiction, tous les clients qui s’adressent à moi, mais
aussi et surtout de réfléchir à moyen ou long terme sur ce que j’aimerais que devienne ma structure afin, notamment, de pouvoir préserver, dans la mesure du possible, une vie privée digne de ce nom…
vendredi 10 janvier 2014
Changement de paradigme
Cela fait maintenant plusieurs
mois que je me suis installé.
Je ne le regrette pas un seul
instant tant les motifs de satisfaction sont nombreux.
Tout mon temps de travail est
désormais consacré à mes clients et à faire en sorte d’en dénicher de nouveaux.
Même si je ne me considère pas
comme l’homme le plus organisé de la planète, j’apprécie énormément de pouvoir désormais
gérer mon emploi du temps (quasiment) comme bon me semble.
A part quelques rares urgences,
je peux (enfin) garantir à mes amis et à mes proches que je serai présent
quelques jours plus tard à une heure précise au rendez-vous que nous nous sommes
fixés.
Pour autant ; exercer une
profession libérale vous oblige à ne pas perdre de vue que même si vous êtes (enfin)
devenu votre propre patron, ce sont bien la diligence, l’implication et le
professionnalisme dont vous ferez preuve face à vos clients qui vous
permettront de les conserver et d’en convaincre de vous confier leurs intérêts.
Dès lors, pas question de faire, ni
de dire ce que vous voulez au prétexte que personne ne pourra vous le
reprocher.
Etre à son compte et non plus
collaborateur, c’est également prendre subitement conscience du coût de choses
aussi utiles que du papier, des cartouches d’imprimantes, un loyer et de toutes
autres charges diverses et variées indispensables à l’exercice de cette
profession.
(Un collaborateur n’a, en effet,
pas à payer ce type de frais qui sont directement réglés par le cabinet qui
l’emploie).
Même si j’ai d’ores et déjà des clients
réguliers qui m’assurent de pouvoir régler
chaque mois mes charges fixes, la crise
et la nature, par principe, volatile de la clientèle des avocats me poussent à chercher en
permanence de nouveaux relais de croissance.
Parmi les satisfactions plus
anecdotiques, il y a celle de pouvoir planifier des vacances à la période qui
convient le mieux à mon activité et celle de pouvoir prévoir avec mes clients et
prospects des déjeuners qui s’éternisent sans avoir à me préoccuper du fait qu’un associé du cabinet puisse mal prendre la durée « exceptionnelle »
de ma pause déjeuner.
Etre à son compte, ce n’est donc pas
être libre de tout faire, mais cela reste une façon nouvelle d’appréhender cette profession (que j’exerce
depuis maintenant 6 ans) qui me fait l’apprécier encore plus...
Pourvu que cela dure…et bonne
année à tous :)
samedi 9 novembre 2013
Patience et longueur de temps…
Maintenant que je suis devenu
officiellement mon propre patron, je perçois avec d'autant plus d'acuité à quel
point je ne pouvais plus me permettre d'être cet avocat qui travaille à la fois
pour lui et pour quelqu'un d'autre.
Les journées, les semaines et les mois devenaient trop chargés pour pouvoir prétendre les mener de front avec efficacité et sérénité, et ce sans compter la vie privée qui devenait, au fil du temps, l'unique variable d'ajustement.
La surprise, même si elle ne s'avère pas totale, est de constater que mes journées sont toujours aussi remplies.
Elles ne le sont pas de la même façon, puisque j'ai désormais un contrôle beaucoup plus large sur l'organisation de mon temps de travail, mais force est de constater que le fait d'avoir repoussé, à maintes reprises, ce grand pas dans l'inconnu qu'est l'installation m'a permis de me constituer une clientèle d'un niveau suffisant pour pouvoir bien en vivre, mais aussi pour être parfois submergé par l'ampleur de ce qu'elle me confie depuis qu'elle sait que je suis désormais plus disponible que je ne l'étais par le passé.
Même si ceci est de bon augure pour la suite, j’ai conscience du fait que ce ne sont que des débuts et qu’une réussite réelle nécessitera de fidéliser la clientèle existante tout en continuant à trouver régulièrement de nouveaux clients.
Tout un programme...
lundi 30 septembre 2013
Nécessité fait loi
Je constate, à mesure que le temps passe, que ma décision de m'installer n'a rien d'original ou du moins que celle-ci germe dans l'esprit de nombreux collaborateurs ayant une expérience supérieure ou égale à la mienne.
Le processus qui pousse un avocat à s'installer serait donc inscrit dans l'ADN de la plupart des avocats collaborateurs qui, durant 5 ans, ont pu voir les contours de la profession.
Tous ne sautent pas le pas ; loin s'en faut.
Ils sont très souvent effrayés par la perspective de devoir (re)partir de zéro (ou presque) après avoir connu ,depuis plusieurs années, une rémunération qui ne pouvait que croître.
Quitter la proie pour l'ombre est une perspective d'autant plus floue qu'elle se trouve accentuée par un climat général laissant penser qu'il vaut mieux, en période de crise, sécuriser des situations que chercher à tirer, SEUL, son épingle du jeu.
Autant vous le dire, aucune de ces hypothèses n'est fausse en soi.
Il sera toujours exact que prendre des risques est plus engageant que rester immobile, de la même façon qu'il n'est pas faux d'imaginer que la chance puisse sourire à ceux qui ont de l'audace.
En réalité, plutôt que de raisonner en termes d'évaluation des risques, la principale raison qui pousse un collaborateur à voler de ses propres ailes vient de ce qu'il est désormais convaincu que ce qui n'était jusque là qu'un envie a désormais largement dépassé le stade du besoin...
Le processus qui pousse un avocat à s'installer serait donc inscrit dans l'ADN de la plupart des avocats collaborateurs qui, durant 5 ans, ont pu voir les contours de la profession.
Tous ne sautent pas le pas ; loin s'en faut.
Ils sont très souvent effrayés par la perspective de devoir (re)partir de zéro (ou presque) après avoir connu ,depuis plusieurs années, une rémunération qui ne pouvait que croître.
Quitter la proie pour l'ombre est une perspective d'autant plus floue qu'elle se trouve accentuée par un climat général laissant penser qu'il vaut mieux, en période de crise, sécuriser des situations que chercher à tirer, SEUL, son épingle du jeu.
Autant vous le dire, aucune de ces hypothèses n'est fausse en soi.
Il sera toujours exact que prendre des risques est plus engageant que rester immobile, de la même façon qu'il n'est pas faux d'imaginer que la chance puisse sourire à ceux qui ont de l'audace.
En réalité, plutôt que de raisonner en termes d'évaluation des risques, la principale raison qui pousse un collaborateur à voler de ses propres ailes vient de ce qu'il est désormais convaincu que ce qui n'était jusque là qu'un envie a désormais largement dépassé le stade du besoin...
mercredi 7 août 2013
Nouvelle orientation
La
collaboration est incontestablement le seul moyen d’acquérir rapidement une
expérience significative. C’est elle qui vous permet d’être confronté à des
dossiers divers et variés à une fréquence suffisamment régulière pour pouvoir
prétendre, après deux voire trois ans d’expérience, bénéficier d’une certaine
expertise dans votre domaine.
Malgré tous
ces avantages, elle a de (gros) défauts.
Vous n’êtes
pas vraiment maître de votre emploi du temps. Et c’est peu de le dire !
Si votre
associé décide qu’un dossier doit absolument être terminé dans un délai court,
vous ne pouvez pas faire autrement que vous adapter à la situation…au détriment
de votre vie privée.
Il s’agit
peut être du seul statut dans lequel vous en venez parfois à regretter que la
structure dans laquelle vous vous trouvez ne subisse pas une baisse d’activité
liée à la crise.
En temps
normal (et encore plus durant la crise), un avocat fait tout pour rendre en
temps et en heure ce qu’un client souhaite lui confier sans vraiment se
préoccuper du fait de savoir si cela est vraiment réalisable, de façon sereine,
dans les délais convenus.
La
conséquence est simple. Il sera amené à travailler plus, mais aussi (et surtout)
à en demander toujours plus à des
collaborateurs qui n’avaient pourtant pas besoin de cela pour se sentir submergés.
Je ne
compte plus le nombre de confrères autour de moi qui travaillent le week-end de
chez eux ou au cabinet pour tenter de rattraper le travail qu’ils n’ont pas pu
terminer durant la semaine.
Sans en
être tout à fait à ce point, je dois cumuler une collaboration exigeante avec
des clients personnels de plus en plus nombreux. Ce qui s’avère épuisant et, en
définitive, peu satisfaisant.
Depuis à
peu près deux ans, je tergiverse en repoussant (probablement par manque de
courage) ce saut dans le grand bain de l’installation.
Je me sens, depuis plusieurs mois, (vraiment) à même de prendre cette décision qui s’impose
à moi depuis longtemps et ce, d’autant plus que les clients que j’ai réussi à
glaner au fil des années m’assurent de ne pas partir pour une aventure trop
risquée.
L’autre
raison est liée au fait que j’ai vu des camarades de ma promotion ou de
promotions voisines s’épanouir complètement en s’installant.
Au delà de
la question de savoir s’ils s’ont parvenus à maintenir leur niveau de
rémunération par rapport à ce qu’ils gagnaient en tant que collaborateur, ils
sont, dans l’ensemble, contents et fiers d’avoir gagné en liberté, d’organiser
leur temps de travail comme bon pour leur semble et de travailler pour…EUX.
Cette
cinquième année de collaboration et cette année 2013 sera donc ma dernière en
tant qu’avocat collaborateur.
Je
deviendrai donc dans quelques mois un avocat complètement libre des
orientations qu’il prendra dans la gestion de ses clients et de son cabinet.
J’ai hâte…
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